Seine-et-Marne ► [Vidéo] Le conseiller départemental, Vincent Eblé, tend vers le « social et l’enfance » et préfèrerait orienter le budget vers les collèges plutôt que les routes

Vincent Eblé, le conseiller départemental d’opposition membre du groupe socialiste, écologiste et républicain, élu dans le canton de Champs-sur-Marne, met en avant sa connaissance du terrain, ses liens avec les élus locaux, les rouages financiers du Conseil départemental, et préfèrerait que le budget soit orienté davantage vers le social, l’enfance, et les travaux des collèges plutôt que vers les routes. Entretien jeudi 18 mai.

 

 

Vincent Eblé, ancien président du Conseil départemental, conseiller départemental dans le groupe principal d’opposition depuis 2015, année où la majorité a changé, est élu depuis vingt-six ans. Il est également sénateur.
Même si l’homme n’est plus dans l’exécutif et ne conduit plus les politiques départementales, son mandat de conseiller le fait participer, avec voix délibérative, aux débats comme pour le vote du budget annuel et divers dispositifs généraux qui sont présentés à l’ensemble de l’assemblée départementale.

Il indique : « Ayant été président de la Seine-et-Marne pendant onze ans, de 2004 à 2015, je connais bien le département. Nous sommes le principal groupe d’opposition et travaillons de façon étroite avec nos collègues du groupe communiste. Notre vision est évidemment différente de celle qui prévaut dans la majorité, ou même dans les majorités successives car depuis que j’ai quitté ma position de président, nous avons connu quatre présidents de droite successifs… Nous ne sommes pas dans l’opposition systématique et avons des points de convergence et d’accord avec d’autres groupes politiques, mais en même temps, nous avons des éléments de critique et de divergence. Après avoir été à la commission des finances, une place tenue maintenant par le président de notre groupe, Smaïl Djébara, je suis dorénavant à la commission de l’aménagement du territoire qui voit passer beaucoup de sujets. Parmi ceux-ci figurent les dossiers de contractualisation du Département avec les collectivités de proximité, soit les communes et intercos. »

Des liens « étroits »
avec les élus municipaux

Vincent Eblé tient à garder des liens « aussi étroits que possible » avec les élus municipaux. Pour lui, l’accompagnement social et des domaines comme la protection de l’enfance, les personnes âgées dépendantes, les personnes handicapées… sont une compétence majeure du Département, tout comme le logement, les transports, la culture, et l’environnement. Cependant, le budget et les finances sont une question centrale pour Vincent Eblé : « J’ai été beaucoup critiqué après l‘alternance de 2015, parce que la situation financière du Département était tendue, ce que je n’ai jamais caché. En réalité, les transferts de compétence, et donc de prise en charge financière de politique publique ont été conduits sans les moyens qui auraient dû les accompagner… Sur le dernier budget, 60 millions d’euros sont consacrés à désendetter le Département qui a un budget total de 1, 4 milliard, avec des dépenses obligatoires comme la prise en charge du RSA (revenu de solidarité actif), ou les dépenses liées à la protection de l’enfance. On considère par exemple qu’un enfant placé sous une autorité publique, en substitution de la famille défaillante, coûte environ quarante mille euros annuels. Ce sont des dépenses obligatoires car la décision du juge qui impose la mesure n’est absolument pas soumise à l’appréciation du Département. Il faut aussi parler du nombre de mineurs isolés étrangers en augmentation de façon considérable. Il faudrait davantage de budget, mais on est obligés de faire avec la situation économique. »
Les routes départementales représentent 4 500 kilomètres, avec leurs travaux d’entretien et de réfection : « Notre groupe serait favorable, comme c’était le cas quand j’étais président, à avoir plus de dépenses publiques du Département pour les travaux sur l’ensemble du parc de collèges, 126 en tout, plutôt que sur les routes. Celles-ci ont repris le premier plan et c’est regrettable. »