Pomponne ► La ferme de la Renaissance, une ruine vouée à l’oubli ?

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Restauration, destruction… ou bien encore, laisser le temps faire son œuvre sur la ferme de la Renaissance, à Pomponne. Les avis restent partagés sur la question et Emily De Oliveira a exposé le problème lors d'une conférence donnée vendredi 10 novembre.

Située à l’entrée de Pomponne au niveau de l’échangeur de l’autoroute A104, la ferme de la Renaissance était au cœur d’un débat thématique informel ce vendredi 10 novembre. Emily De Oliveira, étudiante en 5e année à l'école spéciale d'architecture de Paris a choisi l’ancienne bâtisse, tombée depuis plusieurs années en ruine, pour son projet d’architecture qui marquera la fin de ses études. La Société du Patrimoine et de l’Histoire de Pomponne (SPHP) a apporté son soutien à la jeune étudiante.

La conférence, qui s’est déroulée dans la salle 2 jouxtant la mairie, a attiré pas moins d’une cinquantaine de personnes. « J'ai choisi d'aborder l'analyse et le projet de manière participative avec les habitants de Pomponne et des villes alentours pour comprendre les enjeux du bâtiment en ce lieu », précise Emily De Oliveira « Je me suis intéressée à la ferme parce qu’on l’aperçoit sans forcément la connaître, on ne s’en approche pas » poursuit-elle. Le constat résulte d’un sondage que l’étudiante a mené en amont auprès de 130 habitants de Pomponne et des communes limitrophes.

Démolir ou réhabiliter

La ferme étant réduite à l’état de ruine et dangereuse pour quiconque s’y aventurerait, nombreux pensent qu’il faudrait la démolir. « C’est une verrue qu’il faut supprimer ! », lance tout de go un habitant. Propriété de l’Agence des espaces verts (AEV) depuis 2003, celle-ci avait déposé un permis de démolir en 2014 auprès de la mairie. « Nous aurions pu accepter compte tenu de l’état du bâtiment. La ferme est un marqueur visuel de l’entrée de Pomponne, il aurait été dommage de la démolir », explique le maire, Roland Harlé. « Aujourd’hui, ni la communauté de communes ni la commune n’ont les moyens de rénover cette ruine », poursuit-il. « L’agence avait envisagé de conserver et de consolider la façade en attendant que les arbres plantés devant poussent etmasquent la ferme. L’idée est qu’elle disparaisse petit à petit dans la végétation et disparaisse des mémoires pour mourir de sa belle mort. Le bâtiment va s’écrouler petit à petit et tout le monde l’oubliera. Il n’y a jamais eu de projet viable ». 

Un espace de bien commun

Un parc aménagé, un lieu culturel, un lieu accueillant diverses activités, les idées ne manquent pas… « Le but est de trouver une programmation, un usage du bâtiment qui profite au plus grand nombre d’habitants vivant autour de cette ferme », conclut Emily De Oliveira qui compte bien faire aboutir son projet… mais financement oblige.

Un peu d’histoire

La ferme de la Renaissance aurait été édifiée aux alentours de 1815 (Source SPHP).

Madame Dumez, dont le père était maire de Pomponne, hérite de la ferme et des terres agricoles au début du XXe siècle.

Egalement propriétaire du château de Pomponne, elle confit la gérance de la ferme en 1934 à un régisseur. La ferme s’étend alors de 80 hectares. Elle devient un marché permanent pour les habitants du château.

Au décès de Madame Dumez en 1942, le comte Edouard-du-Tour hérite, son petit cousin, hérite de la ferme et des terres. Elle est louée à un métayer jusqu’environ 1986. Suite au départ de celui-ci, la ferme subira ses premiers outrages : pillage des marbres de cheminées, rampe d’escalier en chêne sculpté, lattes de parquet, poignées de portes et fenêtres, etc. La végétation s’installe inexorablement autour et dans la bâtisse jusqu’à en devenir ruine.

Après différents squats et l’utilisation du lieu comme abattoir pour moutons, l’ensemble des terrains de la bâtisse est acheté en 2003 par l’Agence des espaces verts de la région Ile-de-France (AEV).

Depuis, plusieurs projets ont été proposés pour réhabiliter la ferme, dont un restaurant de luxe, mais aucun n’a abouti.

 
 
 

Publié dansVie locale

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