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Chelles ► 12 500 € pour Handichiens : Isséo, le retriever, apporte le chèque

Isséo, le golden retriever, a transmis un chèque de 12 500 € à son maître, Johan, tétraplégique. La démonstration, samedi 14 janvier, à Chelles, était symbolique : la somme a été récoltée par les Bouchons d'amour qui l'ont remise à l'association Handichiens, comme chaque année.

L'association Bouchons d’amour remet quatre chèques de 12 500 euros, chaque année, à Handichien qui les attribue à chacun de ses quatre centres d’éducation situés à Alençon (Orne), Marcy-l’Étoile (Rhône), Saint-Braban (Côtes-d’Armor) et Vineuil (Loir-et-Cher). Le geste est rendu possible grâce au travail des bénévoles qui collectent inlassablement les bouchons en plastique coloré que tout le monde jette.

Samedi, Françoise Courtin, présidente de la région Ile-de-France des Bouchons d’amour, a ainsi remis la somme à Pierre Milard, bénévole délégué par le centre Handi-chiens d’Alençon. La cérémonie s’est déroulée à l’espace socio-culturel Marcel-Dalens, dans le quartier des Coudreaux, devant une trentaine de personnes.

Recyclable à l’infini
Michel Gardiennet, président du Clac (comité de liaison et d’animation des Coudreaux) et responsable de l’équipe chelloise Bouchons d’amour qui comprend dix bénévoles, explique : « Les bouchons sont acheminés en Belgique pour être broyés et fondus. Vendus 235 euros la tonne à la société Cabka, spécialisée dans les produits en plastique recyclé, ils sont transformés en palettes industrielles qui serviront dans les secteurs du nucléaire, de l’agro-alimentaire et de la pharmacie, car le plastique est décontaminable, peut être désinfecté, et il est recyclable à l’infini ».
Des tonnes à Chelles et Meaux
« En 2016, 1 667 tonnes de bouchons ont été récoltés sur toute la France, contre 1 414 tonnes en 2015. Pour l’Ile-de-France, le chiffre est de 202 tonnes » précise Françoise Courtin. Une augmentation due, selon Michel Gardiennet, aux effets de la COP21. Les écoliers, collégiens et lycéens sont plus enclins à les récupérer et les mairies mettent en place des collecteurs au sein de leurs accueils. « Nous avons récolté 18,44 tonnes sur Chelles et 7,70 tonnes sur Meaux, soit un total de 26,14 tonnes pour la période d’octobre 2015 à octobre 2016 » ajoute-t-il. Le responsable chellois espère toutefois battre le record. « Après la livraison d'octobre, on était à zéro et là, on a déjà 2,50 tonnes ». L’association fonctionne sans aucune subvention et elle cherche, dans les environs, un local de type industriel pour stocker les bouchons.
« Isséo m’apporte beaucoup »
Johan Guanzini, 26 ans, de Brie-Comte-Robert, est devenu tétraplégique à la suite d'un accident de lutte sportive survenu en février 2009. « Avant mon accident, j’étais menuisier. Il est clair que je ne pourrai plus jamais exercer mon métier. Aujourd’hui, j’aide l’association Handi-chiens dans ses actions. J’ai attendu un an et demi avant d’avoir Isséo. Il m’apporte beaucoup de bonheur et m’aide énormément pour mon autonomie. Il fait encore quelques petites bêtises, mais c’est agréable » confie-t-il en souriant, son golden retriever de 3 ans et demi à ses côtés.

Agnès Le Van, éducatrice, travaille depuis vingt ans avec des chiens d’assistance à l’IDES (Institut d’éducation sensorielle) qui accueille de jeunes aveugles de 3 à 20 ans. « Les chiens sont rigoureusement sélectionnés par Handi-chiens. Ils partagent la vie quotidienne des enfants et des progrès notables sont enregistrés dans les attitudes des jeunes patients ».

Assis, couché, viens, apporte...
Un animal revient environ à 15 000 euros. Un coût qui comprend l’éducation, les soins vétérinaires et la nourriture. Sociables, affectueux, ayant l’instinct du rapport d’objet, les labradors et golden retrievers sont les deux races sélectionnées dès l’âge de deux mois par Handi-chiens pour devenir des chiens d’assistance. Ces derniers sont reconnus par la loi de février 2005 comme une aide à la vie autonome et à l’intégration dans le milieu ordinaire. Leur caractère particulièrement doux et proche de l'homme en fait des compagnons hors pair.

L’éducation de l’animal dure deux ans. De 2 à 18 mois, ils sont d’abord confiés à des familles d’accueil bénévoles qui les pré-éduquent en les sociabilisant et en leur enseignant une trentaine de commandes essentielles.  De 18 à 24 mois, les chiens intègrent l’un des quatre centres d’éducation labellisés par les ministères de la Santé et de l’Agriculture. C'est à cet âge qu'il faut parfaire leur éducation.

Au final, le chien d’assistance aura acquis 52 commandes et sera prêt pour accompagner la personne handicapée moteur après un stage d’adaptation de 15 jours. Le stage constitue en effet un exercice obligé pendant lequel le couple homme-chien apprendra à vivre ensemble pendant une dizaine d'années.

Depuis 2009, l’association Bouchons d’amour et Handi-chiens sont partenaires. Créée en 1989 par Marie-Claude Lebret, alors professeur au lycée agricole d’Alençon, Handi-chiens a été reconnue d’utilité publique en 2012. L’association éduque et offre des chiens d’assistance à des personnes souffrant d’un handicap moteur.

www.handichiens.org 

www.bouchonsfranciliens.webnode.fr

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Publié dansVie locale