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Othis ► Pétition : ils ne veulent pas de l'usine de méthanisation

Othis ► Pétition : ils ne veulent pas de l'usine de méthanisation

 

Des habitants d’Othis ont créé une association pour lutter contre l’implantation sur la commune voisine d’Eve (Oise) d’une usine de méthanisation, à cent vingt mètres de leurs habitations. Vendredi 14 juin, l’association et la mairie ont tenu une réunion publique à la salle François-Mitterrand.

Depuis que les habitants d’Othis ont découvert le permis de construire dans un champs à Eve, rien ne va plus. Le panneau administratif annonce en effet la construction d’une usine de méthanisation à quelques mètres de leurs habitations. La municipalité, en collaboration avec les membres de Cumpo (Association contre l’unité de méthanisation aux portes d’Othis), a décidé de répondre aux questions des habitants.

Palmiro Santoro et Dominica Deleau sont les chefs de file de l’association Cumpo. Palmiro Santoro s’indigne : « Je vais avoir un enfant et j’ai peur pour ma santé et pour la sienne. Au nom de l’écologie, au nom du fameux digesta qui soit disant est un engrais qui ne pollue pas, personne ne dit rien. Personne ne parle des résidus, des nuisances à long terme, des odeurs et de la perte de gain sur la vente de nos maisons… Pour tout cela, j’ai un slogan : pour que demain soit aujourd’hui ». 

Corinne habite dans le quartier des Huants, à proximité de l’usine qui devrait s’implanter. Elle était parmi les premières à dénoncer le projet sur les réseaux sociaux. Elle raconte : « C’est un réel conflit pour moi. Je suis investie dans la cause environnementale et je prône la biodiversité mais pas à n’importe quel prix et pas n’importe comment. La boue récoltée dans les usines de méthanisation est dangereuse et c’est un danger insidieux, mélangée à des engrais qui vont s’infiltrer dans les nappes phréatiques et empoisonner l’eau qu’on boit".

Des inquiétudes

Gilles Caire, qui est impliqué dans la vie associative othissoise, déclare : « Je comprends que la mairie d’Eve soit d’accord. Dans cette affaire, je ne savais pas non plus sur quel pied danser. Je suis pour l’écologie, mais là… il est difficile d’accepter l’implantation d’une usine qui va apporter de mauvaises odeurs, du bruit et de la pollution ».

Catherine Fauquembergue, qui vit à Othis depuis 45 ans, s'adresse au maire : « Je suis bien à Othis et je veux continuer à vivre dans la commune mais si 'usine s’installe, comment je vais ouvrir les fenêtres, comment je vais aérer ma maison ? ».

Henri Sèvre vit un peu plus loin mais il est inquiet tout de même, tout comme Jean-Louis Solier qui n’a pas hésité à se mettre sur les premiers rangs pour mieux entendre ce qui se disait. Ils expliquent : « Tout le monde parle d’écologie mais personne ne parle des 10 % de fuite d’hydrogène ou de sulfure, des explosions ou implosions accidentelles, bref de la dangerosité ».

La sécurité

Soixante-cinq camions devraient alimenter l'usine quotidiennement. Le maire, Bernard Corneille, a abordé l’aspect sécurité du dossier. Il explique : « Je ne suis pas contre la méthanisation, l’idée est séduisante… mais pas à cet endroit là. C’est bien dommage d’en arriver là mais la mairie va devoir prendre des mesures pour protéger les habitants. Nous avons déjà engagé un cabinet d’avocats, le meilleur en ce domaine. Les camions ne passeront pas à Othis et nous aussi, on sait mettre des barrières. Les seuls réseaux, électrique et eau, existants sont sur notre commune. Il n’y en a pas à Eve, ni en plein milieu des champs. J’aimerais savoir où ils vont se raccorder ? Question sécurité, un autre problème se pose : en cas d’incident, je voudrais savoir par quelle route les pompiers vont passer ? ». 

Palmiro Santoro a conclu : « Signer notre pétition, c’est un début. Je vous demande aussi d’adhérer : 5 euros, ce n’est rien. L’adhésion vous permettra de vous tenir informés et nous pourrons vous inviter à nous rejoindre lors des manifestations que nous allons organiser. Nous encourageons les habitants d'Eve et de Ver-sur-Launette à nous rejoindre".

Les élus d’Othis se sont engagés à suivre le dossier de près et à organiser une réunion à la rentrée. 

 

 

 

 

 

Dernière modification le mardi, 25/06/2019